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POLIS #ÊtesVousHeureux DeVivreLaVieDans LaquelleVousÊtes?

Crédits photos : Roger Legrand
POLIS est une performance interactive destinée à l’espace public. Quatre comédiens dans un container vitré installé dans la rue, le public vient les écouter et dialoguer avec eux en prenant place à des bornes munies de casques audios disposées autour du container.
Les spectateurs sont invités à s’inscrire par le biais de leur smartphone à un tirage au sort qui désignera parmi eux un « spectateur privilégié ».
Tout au long de la performance les spectateurs inscrits pourront également interagir et communiquer entre eux et avec les comédiens par le biais d’un « chat ». LE dialogue entre les spectateurs privilégiés successifs et les comédiens prend plusieurs formes : questionnaires, manifestes, question la plus longue… Autant de matériaux textuels écrits spécialement pour la performance par des auteurs à qui la compagnie a soumis le thème du Bonheur, pour démarrer une réflexion commune :
« Comment ça va? ».
Note d’intention
/ Initiative publique / de donner une parole publique / en rassemblant du public / dans l’espace public /
POLIS n’est pas la première expérience que je mène en « rue » : depuis 2009, j’ai essayé différentes installations, tentatives, répétitions urbaines, tournage de films ou performances dans cet espace public. Aujourd’hui je sens que ce projet est un nouveau départ, il a été pensé exclusivement pour la rue, comme un récapitulatif de toutes les expériences urbaines passées.
Je pense que je vais dans cet espace public pour m’interroger sur l’engagement. Toutes ces questions qui trottent dans nos têtes quand on crée : Ça sert à quoi ? C’est pour qui ? Ça touche qui ?
Dans la rue, on est confronté en permanence au réel, qui lui-même change radicalement en fonction des sites. Confronté aussi à des non-spectateurs devenus spectateurs presque à leur insu. Dans la rue, on a toujours un peu l’impression de se vendre mais on lutte contre tout racolage. Dans la rue, on ne peut pas être « juste là » à interpréter en faisant abstraction de l’environnement.
Vrai / Faux – Illusion / Réalité
J’aime à questionner le public sur sa perception, c’est vrai ou faux ? J’y crois ou j’y crois pas ? Je me fais avoir ou pas ? En salle, on part du principe que le plateau, la boîte noire est l’endroit de l’illusion. Ce qui m’intéresse en rue, c’est que nous partons d’un environnement réel. En salle, on lutte avec l’illusion, en rue on lutte avec la réalité.
La rue donne une force d’improvisation créatrice qui oblige à être au clair avec l’endroit d’où l’on parle. Au nom de qui ? Au nom de quoi ? Dans la rue, nos questionnements sont bouleversés par la diversité des sites et des fréquentations. La rue nous rapproche de la vie et de sa complexité. La rue révèle nos isolements et nos indifférences. La rue est cruelle et c’est là que POLIS cherche sa place, pour partager une expérience et réfléchir à qu’est-ce qu’une ville bonne ? Ensemble.
Dans POLIS, l’oralité est une source d’invention et de création qui induit surtout un échange et un partage; car même si cela nous arrive de parler tout seul, cela produit rarement de grandes découvertes ! Ce que je cherche c’est ce moment, quand lors d’un bord plateau, une personne du public comprend en le formulant tout ce qu’elle vient de voir. Cette expérience qui montre que nous sommes tous en capacité de décrypter ce que nous observons, à condition que nous prenions le temps pour tenter de le décrire. Pouvons-nous prendre ce temps alors que les outils de communication n’ont cessé de se multiplier et que la parole, elle, n’a cessé de reculer pour laisser place à une multitude de moyens d’expression écrits calibrés, du type j’aime / j’aime pas ? Le monde est relié à la fibre, ça va vite, toujours plus vite, c’est illimité, on twitte, on like, on donne son avis sur un forum. On peut tout savoir, à ne plus trop savoir ce qu’on veut, mais on ne parle pas.
Crédits photos : Roger Legrand
POLIS est un projet dont le socle est la parole comme outil d’invention et d’émancipation.
Le prétexte de l’échange est un questionnaire, forme à la fois rassurante et autoritaire, qui se révèle n’être qu’un point de départ à cette prise de parole pour glisser vers un entretien individuel dans lequel le public peut s’immiscer.
Des opinions non-publiques prolifèrent, tandis que « l' »opinion publiques (au singulier) reste une fiction. Jürgen Habermas, L’espace public
L’objectif de POLIS est d’amener le passant à participer à une expérience collective : s’emparer du dispositif et prendre la parole au coeur de l’espace public. S’ils le décident, les passants seront tour à tour auteurs, spectateurs et acteurs de cette installation.
Si tant est que l’opinion publique soit convocable, elle n’est valable qu’à un endroit donné dans un temps donné. POLIS permet d’échanger nos opinions et de faire été de nos vies comme condition primaire à toute politique.
Arnaud Troalic
Les Auteur-E-S
/une langue théâtrale pour éviter la sociologie/
Le principal registre de parole du projet est le questionnaire. Un TOP 10 des meilleures questions ne produit aucune dramaturgie et ne permet pas de sortir des lieux communs. Il faut inventer une langue ou une méthode pour pousser à s’interroger et empêcher toutes les réponses attendues. Pour contrecarrer les évidences et les consensus nous utiliserons le principe rhétorique de la contradiction.
Chaque questionnaire intègrera ce paramètre, soit de manière frontale, soit dans sa continuité. La rencontre avec le public est très variée, ainsi il m’a paru important d’avoir plusieurs langues, plusieurs contradictions, plusieurs matériaux sous la main dans lesquels nous pourrions piocher en fonction des participants.
J’ai alors demandé à six auteurs de participer à ce dispositif participatif : Nathalie Papin, Sylvain Levey, Elisabeth Hölzle, David Geelson, Stéphan Castang et Aline Reviriaud.
Il nous faut une dimension théâtrale dans ces questionnaires, le comédien doit demeurer dans le jeu afin de ne pas devenir sociologue, éviter la joute qui peut pointer chaque fois que la contradiction cherchée arrive.
Consigne pour les auteurs : il s’agit pour le public d’avoir l’illusion que les comédiens s’interrogent et souhaitent en découdre avec eux sur ces contradictions.
Le Dispositif
/ Écrasement de la carte sur le territoire /
Le dispositif s’apparente à un réseau social écrasé sur la place publique. Il s’agit de créer du lien en provoquant la parole au moyen d’outils toujours plus individualisants que nous utilisons au quotidien.
C’est un dispositif de complicités urbaines sans convocation préalable. Il est constitué d’un container entièrement vitré et sonorisé, qui renferme trois acteurs, d’un panneau lumineux d’information et de barrières Vauban équipées de casques filaires.
Au premier abord, le dispositif s’apparente à une attraction. Son esthétique a été pensée pour interpeller, se démarquer du site, provoquer une curiosité, voire une sidération. Pour comprendre, il faut s’approcher et saisir un casque à l’une des barrières Vauban.
Les passants seront très proches les uns des autres, rassemblés autour de plusieurs barrières Vauban mais resteront isolés du fait des casques filaires, constituant ainsi différentes zones d’écoute à la périphérie du container.
Dans les casques, le passant est invité à participer à une enquête sur le bonheur. Pour cela, il doit s’inscrire au moyen de son téléphone portable. Un tirage au sort est lancé et le gagnant peut prendre la place du « spectateur privilégié » en venant s’assoir à quelques mètres du container.
L’échange entre les comédiens dans le container et ce « spectateur » peut commencer, via un micro.
La position de l’échange est centrale et le reste du public qui l’entend peut réagir par messages textes. À tour de rôle, d’autres personnes « tirées au sort » viennent participer et éventuellement réagir à la fiction précédente. La place de la parole au sein du dispositif circule par la plateforme « tchat » à la périphérie, les comédiens et le « spectateur privilégié ».

Crédits vidéos : Geoffroy Duval
Distribution
Mise en scène : Arnaud Troalic
Avec : David Charcot, Rebecca Chaillon, Julien Flament, Lionel Gonzalez, Maxime Lévêque et Laure Mathis
Collaboration artistique : Anne-Sophie Pauchet
Dramaturgie : Patrick Amar
Régie Générale et vidéo : Maximilien Sautai
Création son et programmation scénario & tablettes / diffusion son : Olivier Valcarcel
Création lumière et scénographie : Antoine Franchet
Programmation serveur / smartphone / ligne graphique : Guillaume Melennec
Programmation portail captif dédié : Jean-Louis Lecoquierre
Régie sur site : David Amiard
Constructeur / agencement / programmation électronique : Joël Cornet, Gaëtan Koch, Romain Renault et Guilhem Savin
Costumes : Camille Pénager
Programmation vidéo dynamique : Arnaud Troalic
Chargée de production et de diffusion : Yaël Méchaly
Mentions Légales
Production : Compagnie Akté
Co-productions :
Ateliers 231 – Centre National des Arts de la Rue de Haute-Normandie, Le Volcan – Scène Nationale du Havre
Arts 276 – Festival Terres de Paroles
Résidence et Aide à la création :
Atelier 231 – Centre National des Arts de la Rue de Haute-Normandie
Avec le soutien du CENTQUATRE – PARIS, la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD pour le dispositif Auteurs d’espace, l’Odia Normandie et du département de Seine-Maritime
Les Dates Passées
Date Ville Salle Pays
08/04/16 - 09/04/16 http://akte.fr/accueil/les-dates/ POLIS / Opus 1 : Les paradis artificiels dans Le Havre Le Volcan France
Adresse: Espace Oscar Niemeyer – Place Charles de Gaulle. dans le cadre du Festival Terres de Paroles – Arts 276
13/04/16 - 14/04/16 http://akte.fr/accueil/les-dates/ POLIS / Opus 1 : Les paradis artificiels dans Evreux Théâtre d’Evreux – Scène Nationale Evreux-Louviers France
Adresse: Place du Général de Gaulle. Téléphone de la salle: 02 32 78 85 20.
18/06/16 - 19/06/16 http://akte.fr/accueil/les-dates/ POLIS / Opus 1 : Les paradis artificiels dans Amiens Festival La rue est à Amiens France
30/06/17 - 02/07/17 http://akte.fr/accueil/les-dates/ POLIS / Opus 1 : Les paradis artificiels dans Sotteville les Rouen Festival Viva Cité France
11/07/17 - 15/07/17 http://akte.fr/accueil/les-dates/ POLIS / Opus 1 : Les paradis artificiels dans Avignon La Manufacture France
Heure: 20:30. Rendez-vous dans la cour du Musée Angladon, au bout de la rue Frédéric Mistral